Faire une demande d’aide et de soutien à son entourage

Quel que soit l’âge, il est normal de demander de l’aide et du soutien à son entourage. Que ce soit pour accomplir de menus travaux, pour ses déplacements, pour obtenir des conseils, pour se faire accompagner chez le médecin ou prendre un répit à titre de proche aidant.

À jour le 20 mai 2025

Un jeune femme qui aide une femme âgé à remplir des papiers

Quel que soit l’âge, il est normal de demander de l’aide et du soutien à son entourage. Que ce soit pour accomplir de menus travaux, pour ses déplacements, pour obtenir des conseils, pour se faire accompagner chez le médecin ou prendre un répit à titre de proche aidant.

Toutefois, pour plusieurs personnes, faire une demande d’aide à un membre de la famille, un ami, un voisin ou quelqu’un de l’entourage est difficile. Certains craignent que cette demande soit mal reçue. D’autres la considèrent comme humiliante. Pourtant, demander et accepter de l’aide augmente les chances de préserver son énergie, de se maintenir en santé et de demeurer le plus autonome possible. Si la personne assume aussi le rôle de proche aidant, cela lui permet de continuer à prendre soin de l’autre tout en protégeant sa propre santé.

Des chercheurs ont identifié un principe qui permet d’augmenter les chances d’obtenir l’aideou le soutien dont on a besoin: demander le bon type de soutien à la bonne personne. Ils proposent des actions pour y arriver et qui sont utiles à toute personne aînée ayant besoin d’aide et de soutien.

Précisez vos besoins d’aide ou de soutien

Il existe plusieurs types d’aide et de soutien. Il est donc nécessaire de bien décrire ce dont on a besoin. Faites-en la liste et soyez le plus précis possible.

Aide ou soutien matériel

Il s’agit d’une assistance directe pour répondre à différents besoins.

L’entretien et l’organisation de la maison:

  • Des tâches domestiques: laver et replacer les rideaux du salon, nettoyer le bain et l’intérieur du réfrigérateur, laver les planchers, sortir les vidanges, etc.

  • De menus travaux: changer une ampoule ou la pile du détecteur de fumée, superviser les travaux de réparation d’un escalier, réparer le robinet qui coule… remplacer l’appareil Wi-Fi, etc.

  • Du soutien technique pour l’utilisation d’appareils électroniques et d’applications informatiques.

  • L’épicerie, les emplettes, le transport.

Les soins personnels:

Soins des pieds, se coiffer, changer un pansement, etc.

Les soins de la personne dont vous êtes proche aidant:

  • Accompagner votre proche pour une marche à l’extérieur.

  • Préparer son repas, administrer la médication et lui tenir compagnie pour vous permettre de faire les courses ou autres sorties.

  • Etc.

Aide ou soutien lié aux activités sociales et aux loisirs

Par exemple, pour s’adonner à un passe-temps, aller au théâtre ou à la bibliothèque, faire de la natation ou du tai-chi, suivre un cours d’aquarelle ou de menuiserie, faire partie d’une cuisine collective.

Soutien émotionnel

Pour se confier, être encouragé, réconforté, se changer les idées, rire, se sentir moins seul, etc.

Soutien informationnel

Pour obtenir des informations, des conseils ou des suggestions sur des sujets comme les finances, l’impôt, les appareils électroniques, la santé, les ressources d’aide, etc.

Si vos besoins sont nombreux, ciblez celui que vous jugez le plus important pour le moment.

Réfléchissez aux raisons qui vous empêchent de faire une demande ou qui vous rendent mal à l’aise de le faire

Plusieurs raisons peuvent influencer la décision à faire appel à son entourage:

  • L’habitude de se débrouiller seul et de garder ses problèmes pour soi.

  • Le fait de minimiser le besoin d’aide: «au fond, ce n’est pas si pire, ça peut attendre».

  • La crainte d’avoir l’air de se plaindre ou de faire savoir à son entourage qu’on est moins en forme qu’avant.

  • Le désir de protéger ses proches. Ne pas vouloir les déranger, car eux aussi ont leurs problèmes, et ils sont trop occupés et fatigués. La crainte qu’ils se sentent obligés de dire oui et que ça les épuise.

  • La perception que c’est compliqué de demander de l’aide.

  • La crainte que notre demande soit refusée.

  • L’inquiétude de se faire imposer des façons de faire.

  • Une expérience passée où les demandes d’aide n’ont pas été entendues ou n’ont pas donné les résultats attendus.

  • La perception que nos proches devraient deviner ou savoir qu’on a besoin d’aide et l’offrir sans qu’on ait à le demander.

Si vous êtes réticents à demander ou accepter de l’aide à votre entourage, posez-vous la question suivante: les bénéfices ou avantages d’accepter et de recevoir de l’aide sont-ils plus grands que mes craintes ?

Les études ont démontré que les personnes de notre entourage jouent un rôle important pour nous aider à surmonter les étapes difficiles de la vie et faire face aux défis du vieillissement. Ce réseau de soutien se compose de membres de la famille, d’amis, de voisins et d’autres personnes significatives au sein de notre communauté, comme les membres d’un groupe de loisirs, de bénévolat, de retraités ou de la religion à laquelle on appartient. Faire une demande d’aide ou accepter l’aide offerte peut faire une différence dans votre vie et bénéficier à votre santé. Elle pourrait améliorer votre bien-être et vous permettre de rester alerte et autonome chez vous, le plus longtemps possible, que ce soit en vous permettant de combler des besoins importants pour votre santé physique et mentale ou en réduisant certains risques, comme les chutes et la dépression.

Faites le portrait de votre réseau de relations

Nous ne sommes pas toujours pleinement conscients de toutes les personnes que nous côtoyons et qui peuvent faire partie de notre réseau de soutien. Avant de conclure que personne n’est en mesure de vous aider, faites l’exercice d’y réfléchir sans vous limiter. Inscrivez sur une feuille de papier, le nom des personnes de votre entourage, même celles avec qui les contacts ne sont pas réguliers, par exemple:

  • Les membres de votre famille immédiate (enfant, frère/sœur, beau-frère) et de votre famille élargie (neveu, cousine).

  • Les amis.

  • Les voisins en qui vous avez confiance.

  • Des personnes que vous côtoyez dans vos activités sociales, sportives, culturelles ou religieuses et avec qui vous vous entendez bien.

Les organismes communautaires de votre milieu font aussi partie de votre réseau d’aide. Vous pouvez envisager d’y faire appel. Ces organismes peuvent offrir l’aide que vous souhaitez, tels que l’entretien ménager, des visites d’amitié, des appels téléphoniques réguliers, etc. Votre municipalité ou encore le service d’information et de référence téléphonique«211» peut vous aider à identifier les services sociocommunautaires dans votre milieu ou encore vous diriger vers l’organisme qui pourra vous informer.

Choisissez la personne à qui faire une demande

Vous augmentez les chances d’obtenir une réponse positive si votre demande correspond aux forces et aux capacités de la personne à qui vous vous adressez ou à ce qu’elle aime faire. Ainsi, pour les menus travaux, il est préférable de demander à la personne de votre entourage qui connaît et apprécie ce genre de travail. Si vous lui demandez plutôt de vous accompagner dans votre magasinage, alors qu’elle déteste cette activité, il y a de fortes chances qu’elle se montre réticente à le faire.

Examinez la liste des personnes de votre réseau de relations. Puis, posez-vous les questions suivantes pour faire votre choix:

  • Qui peut répondre le mieux à chacun des types de soutien dont j’ai besoin (soutien émotionnel, matériel, informationnel, en lien avec les activités sociales) ?

  • Qu’est-ce qui me plaît dans ces personnes ?

  • Qu’est-ce que je trouve difficile avec elles ?

Établissez un plan d’action

Votre demande d’aide est maintenant précisée et vous avez identifié une personne à qui faire cette demande. Comment allez-vous vous y prendre ? Quel est votre plan pour aborder le sujet ?

Exemples:

  • Au bingo lundi prochain, je vais demander à Denis s’il peut m’aider à remplacer la pile de mon détecteur de fumée.

  • Demain soir, je vais téléphoner à mon petit-fils pour lui demander de m’expliquer comment numériser un document que le gouvernement m’a demandé.

  • Je vais téléphoner à Jocelyne, ce soir, et l’inviter à dîner samedi. Je vais alors lui dire à quel point ça me fait du bien lorsqu’on parle ensemble au téléphone. Je vais lui demander si nous pouvons nous parler une fois par semaine, à un moment qui lui conviendra.

  • Lundi matin, je vais téléphoner au Centre d’action bénévole pour m’informer s’il existe un service d’appel qui pourrait vérifier chaque jour si je vais bien.

Prenez en note tous les éléments de votre demande, car c’est un bon moyen de ne rien oublier.

Vous craignez qu’on vous dise non ? Que la personne se sente obligée de vous aider ? Si votre demande est claire et précise, la personne choisie vous dira si elle peut ou non y répondre favorablement. Elle pourrait peut-être faire une contre-offre en suggérant de vous aider à une fréquence moindre ou dans un délai plus grand que celui souhaité. Si elle ne peut pas accéder à votre demande, vous pouvez lui proposer de vous aider à identifier une autre personne ou un organisme communautaire offrant cette aide.

Jeune femme aidant une femme âgé

Évaluez et maintenez vos demandes d’aide

Une fois que vous recevez l’aide dont vous avez besoin, vous devez vous poser certaines questions. L’aide reçue est-elle satisfaisante pour vous ? Arrive-t-elle au moment convenu ? Est-elle adaptée à vos principes et votre routine de vie ? Quels sont les ajustements nécessaires ?

L’aide est-elle offerte par une ou des personnes en qui vous avez confiance et avec qui vous désirez continuer à travailler en équipe ? Si c’est le cas, il faut réfléchir aux moyens pour favoriser le maintien de cette aide.

Bien entendu, il faut s’attendre à ce que l’aide qui est offerte ne soit pas toujours réalisée exactement comme vous le feriez vous-mêmes. C’est normal. Les discussions et les mises au point sont utiles afin que l’aide reçue soit satisfaisante et bénéfique.

Toutefois, si vous critiquez de manière constante l’aide reçue, cela peut conduire les personnes qui vous offrent de leur temps à réduire, et même parfois, à vouloir cesser de vous apporter leur soutien.

À retenir

  • Demander et accepter de l’aide augmente vos chances de préserver votre énergie, de vous maintenir en santé et de demeurer le plus autonome possible.

  • Dire à son entourage «je n’en peux plus, j’ai besoin d’aide» n’est souvent pas suffisant pour en recevoir.

  • Demander le bon type de soutien à la bonne personne augmentera vos chances d’obtenir l’aide dont vous avez besoin. Pour y arriver, les actions suivantes sont recommandées:

    • Formuler son besoin d’aide de façon claire et précise

    • Identifier ses résistances à demander de l’aide ou ce qui rend mal à l’aise de le faire

    • Faire le portrait de son réseau de relations et des organismes d’aide de sa communauté

    • Choisir à qui faire une demande en fonction du type de besoin

    • Établir un plan d’action pour aborder le sujet avec la personne choisie

    • Évaluer et maintenir l’aide

À l’intention des proches aidants

Accompagner un proche âgé dans sa démarche de demande d’aide:

Offrez-lui de l’aider à réfléchir à ses besoins et à formuler une demande claire et précise. Si votre proche est réticent à demander ou à accepter du soutien, que ce soit par son entourage ou un organisme communautaire, explorez-en les raisons avec lui. Au besoin, proposez-lui de l’aider à établir un plan d’action et même de se pratiquer à faire une demande.

Si vous êtes la personne qui fournissez l’aide demandée, faites le point avec votre proche. Des ajustements pourraient-ils être apportés pour mieux faire équipe ensemble ?

Faire une demande d’aide en tant que proche aidant:

Si vous êtes la personne proche aidante d’un aîné malade ou en perte d’autonomie, demeurez vigilant à l’égard de votre propre santé. Vous avez tout avantage, vous aussi, à demander de l’aide auprès de votre entourage pour éviter de vous épuiser. Quel est le type de soutien dont vous avez besoin ? Comment le faire savoir au reste de la famille ?

Dire à son entourage «je n’en peux plus, j’ai besoin d’aide» n’est souvent pas suffisant pour en recevoir. Les demandes doivent être précises et être adressées clairement aux personnes qui pourraient vous apporter le type de soutien dont vous et votre proche avez besoin.

Rédaction: Sylvie Lafrenière, infirmière-conseil Fondation AGES

Révision interne: Équipe de rédaction de la Fondation AGES

Révision scientifique: Francine Ducharme inf. Ph.D., Professeur émérite, Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal

Révision linguistique: François Grenier

Références

DUCHARME, Francine et autres. Devenir aidant ça s’apprend! Programme psychoéducatif offert en début de parcours aux proches aidants d’un parent âgé souffrant de la maladie d’Alzheimer. Cahier de l’intervenant. Montréal : Chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille, Université de Montréal, 2012, 144 p.

DUCHARME, Francine. Famille et soins aux personnes âgées. Enjeux, défis et stratégies. Montréal : Beauchemin, Chenelière Éducation, 2006

KERGOAT, Marie-Jeanne et autres. Devenir proche-aidant. Maladie d’Alzheimer et autres troubles cognitifs. Chapitre 9 : De l’aide pour les proches aidants, p. 153–168. Montréal : Éditions du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Collection Institut universitaire de gériatrie de Montréal, 2020

L’APPUI POUR LES PROCHES AIDANTS. La cartographie pour visualiser le réseau de soutien. Outil à l’intention des intervenant·e·s, 2025.https://www.lappui.org/documents/193/OutilPG_Cartographie_de_soutienVF_12mai2025.pdf

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